Vous n’arrivez pas à changer vos habitudes et à faire du sport : et si c’était la faute de votre cerveau reptilien ?

Souvent, changer ses habitudes est difficile. Pourtant, quand on explique aux autres pourquoi on veut changer de mode de vie et bouger plus par exemple, on est capable de lister de nombreuses bonnes raisons comme être en meilleure santé, perdre du poids, affiner sa silhouette, mieux dormir, être moins stressée, être mieux dans son corps…
Alors, pourquoi est-ce si dur de changer nos habitudes et de faire du sport régulièrement ?
Et si une partie de votre cerveau sabotait lui même tous vos efforts ?
Bref, et si vous choisissiez volontairement de ne pas y arriver ?

 
Monde de l’entreprise, marketing et changement d’habitudes ?

Seth Godin parle de la résistance au changement dans son livre : Etes-vous indispensable ? Libérez le linchpin qui est en vous… Ce livre parle du monde du travail et de notre place dans celui-ci.
Seth Godin est un marketeur américain mondialement connu. Quel rapport entre le marketing et votre envie de faire du sport me direz-vous ? Et quel lien entre le monde du travail et votre changement de mode de vie ?
La réponse est : votre cerveau reptilien !

Seth Godin en parle très bien dans son livre que je vous invite à lire pour transformer votre vision du monde du travail. Rassurez-vous, je ne vais pas en faire un résumé ici. Je vais juste vous parler de la partie qui nous intéresse : notre difficulté à changer.

Pourquoi est-ce si dur de changer ses habitudes ?

Changer ses habitudes demande de quitter ce qui vous est connu.
Plonger dans l’inconnu n’est jamais confortable et une partie de votre cerveau va entrer en résistance.
Cette partie du cerveau est appelée couramment le cerveau reptilien. C’est la partie la plus ancienne de notre cerveau, celle qui assurait la survie de nos ancêtres.
Comme le dit Seth Godin : “Le cerveau reptilien a faim, a peur, se met en colère et veut du sexe. Le cerveau reptilien veut manger et se sentir en sécurité. (…) Il luttera jusqu’à la mort s’il doit le faire, mais préfère s’enfuir. Il aime la vengeance et peut se mettre en colère sans problème. Le cerveau reptilien se soucie de ce que pensent les autres, car son statut dans la tribu est essentiel à la survie.”

Le cerveau reptilien est la partie qui se développe en premier chez le foetus et il est en charge de la lutte ou de la fuite, de la colère et de la survie.
Or tout ce qui est nouveau et inconnu peut être source de danger (pour cette partie de votre cerveau en tout cas).
Changer vos habitudes est donc pour lui une prise de risque : “le changement est redoutable car il vous fait passer du connu à l’inconnu et cela peut devenir périlleux”.
De même, se mettre à faire du sport, c’est souvent changer ses habitudes et se confronter au regard des autres. Et ça aussi, c’est une grande source de danger pour votre cerveau reptilien. Quand vous viviez en tribu au temps des hommes préhistoriques, le risque était d’être exclu de la tribu… et donc certainement de mourir !

Heureusement notre cerveau a évolué et nous sommes capables de réfléchir, de conceptualiser, de relativiser…

 
Quand le cerveau reptilien est aux commandes :

Quand vous voyez des personnes saboter leurs chances de réussir, c’est souvent à cause de leur cerveau reptilien.
Ce peut être par exemple votre collègue qui n’ose pas prendre la parole en réunion alors qu’il avait des choses à dire, une connaissance qui ne finit jamais ce qu’elle commence, la personne qui continue de fumer malgré un cancer de la gorge, votre voisine qui achète un abonnement en salle de sport et qui n’y va que 2 mois puis abandonne, votre amie au régime qui reprend des frites, votre patron qui se met en colère contre des fournisseurs et rompt leur contrats, vous même qui répondez à vos mails alors que vous avez un dossier super important à finir…

Ces comportements s’expliquent soit par le fait que la personne s’est sentie en danger, soit qu’elle a été guidée par la colère, soit qu’elle n’a pas pu résister à un plaisir immédiat, même si elle sait que cela lui est néfaste à plus long terme.

Le cerveau reptilien a gagné !

Alors comment faire taire votre cerveau reptilien s’il vous empêche de changer vos habitudes et de réussir ?
Être bon perdant :

Seth Godin explique que d’abord il faut accepter de perdre parfois et de se tromper.
Quand vous échouez au lieu de vous dire : “je le savais, je n’aurai pas dû, c’était sûr d’avance…” (là, c’est votre cerveau reptilien qui parle), dites-vous : “cela valait le coup d’essayer, je n’ai pas réussi mais ça ne veut pas dire que je suis un raté, je n’ai pas toujours raison, je ferai autrement la prochaine fois…”.
Bref, pour gagner, il faut être bon perdant car sinon on n’ose jamais essayer car on ne veut pas prendre le risque d’échouer (ce qui arrive forcément parfois, alors autant l’accepter).

Chercher le malaise :

Seth Godin suggère aussi de chercher le malaise.
Pour lui, si vous sentez de l’inconfort, c’est certainement parce que votre cerveau reptilien s’exprime. Et s’il s’exprime, cela veut dire que vous touchez à quelque chose d’important. Donc au lieu de fuir le problème, affrontez le ! Au lieu de ne pas écouter cette personne, de ne pas lire ce livre, de ne pas commencer quelque chose, au contraire, foncez !

Le danger de réussir :

Prenez aussi conscience que réussir peut représenter un danger. Car si vous réussissez, votre monde tel que vous l’avez connu va disparaître et vous devrez vous adapter. Or votre cerveau reptilien déteste le changement et l’inconnu.
Il peut tout mettre en oeuvre pour éviter cette situation, que vous désirez pourtant. Par exemple, si vous obtenez ce nouveau poste que vous convoitez tant, il faudra apprendre de nouvelles choses, vous serez parfois en difficulté, vous rentrerez sûrement plus tard du travail les premiers temps…

Se donner plusieurs chances :

Une autre possibilité de vaincre le cerveau reptilien, c’est de suivre plusieurs voies en même temps. Comme ça vous avez plusieurs possibilités de réussir et il est plus facile de faire face à un échec quand il nous reste encore des chances d’y arriver.

Mettez votre cerveau reptilien à la diète :

Autre manière de faire taire le cerveau reptilien : ne lui donnez pas à manger. Ou dit autrement, ne critiquez pas les autres, ne vous montrez pas cynique ou moqueur, car c’est comme ça que vous entraînez votre cerveau reptilien à contrer le changement.

Faire taire votre cerveau reptilien :

Une autre méthode est de repérer quand c’est votre cerveau reptilien qui dirige vos actions ou vos pensées et de le dire à voix haute : “je fais cela à cause de la résistance” ou “c’est mon cerveau reptilien qui m’empêche d’agir”.
Quand vous énoncez à voix haute ce qui vous bloque, le cerveau reptilien a tendance à se retirer, honteux d’avoir été pris en flagrant délit !

Terminez ce que vous commencez :

Seth Godin insiste sur un aspect de la résistance : le fait de ne jamais terminer quelque chose. Il dit : “ne pas livrer sa cargaison”.
Parfois (pour certains souvent !) on entame quelque chose mais sans aller au bout. C’est souvent à cause de notre résistance.

Seth Godin nous invite à déterminer une échéance ET à nous y tenir. Nous serons toujours tentés de ne pas terminer à l’échéance car tout ne sera jamais parfait, mais il insiste sur le fait que ce n’est pas grave car rien n’est jamais parfait et que cela oblige à dépasser sa résistance.

Par exemple si vous avez décidé de vous mettre à la course à pied et de courir un 10 km lors d’une course, il peut être tentant de ne pas faire cette course car vous ne vous sentez pas assez prêt (simple excuse de votre cerveau reptilien). Au contraire, inscrivez-vous à l’avance et faites la course quel que soit votre préparation. Si vous réussissez, cela aurait été dommage de ne pas le faire. Et si vous n’arrivez pas au bout ce n’est pas grave. Cela vous aura aider à progresser, vous aurez peut être pris goût aux courses organisées, vous aurez appris à mieux gérer votre effort… et vous aurez vaincu votre résistance.

 
Il faut que ça vaille la peine :

Choisissez aussi des actions qui en valent la peine car votre cerveau reptilien va s’opposer à ce que vous faites. Il faut  donc que vous ayez vraiment envie de réussir pour avoir l’énergie de vous battre contre lui.

Bien sûr, bouger suffisamment au quotidien si vous êtes sédentaire en vaut la peine car votre santé en dépend.
Par contre, si vous n’arrivez pas à bouger plus, c’est peut être que cela n’en vaut pas la peine. S’entraîner à fond quand on veut être champion olympique et que l’on en a les moyens en vaut la peine. Par contre faire 8 heures de sport par semaine au lieu de 6 heures alors que vous n’avez pas spécialement d’objectifs n’en vaut pas assez la peine. Dans ce cas, gardez votre énergie pour vaincre la résistance dans un autre projet.
“Comprenez que la voie n’est ni rapide ni facile. A vous de déterminer si la route est digne d’efforts. Sinon, faites grandir vos rêves”.

Qui est aux commandes ? :

Seth Godin parle aussi d’identifier le plus tôt possible quand votre cerveau reptilien prend les commandes de votre comportement et veut répondre par automatisme à un évènement.
Si vous arrivez à identifier le processus de la peur ou de la colère qui est en train de se mettre en oeuvre, luttez contre votre réaction naturelle et prenez le temps d’analyser avec discernement la situation. Cela vous évitera bien des soucis.

Deux solutions :

Face à une situation difficile, c’est à dire où votre cerveau reptilien est en conflit avec votre raison, vous avez deux solutions possibles :
La fuite : si vous pouvez et voulez éviter une situation inconfortable, ce peut être une bonne solution
Rester : si vous pensez que c’est suffisamment important, le défi consiste à vaincre la résistance. Ne cédez pas à vos voix intérieures de peur ou de colère et allez au bout de ce que vous avez entreprit.
Mais surtout, ne rester pas entre les deux, la fuite et la confrontation. C’est très inconfortable et totalement inefficace.

Faites le pour vous :

Ne faites pas quelque chose pour quelqu’un d’autre mais pour vous.
Comme ça, vous n’avez pas de risque d’être jugé ou critiqué et donc votre résistance sera moins forte. Si vous décidez de bouger plus, de vous mettre au sport, demandez-vous ce que cela vous apportera et pas ce que cela apportera à d’autres ou si cela pourrait plaire à quelqu’un. Ce sera beaucoup plus facile de réussir.

 
Les excuses :

Votre résistance va multiplier les pensées négatives, les excuses… pour ne pas vous voir passer à l’action.
Rien ne sert de chercher une réponse à une excuse car la résistance en a de nombreux prétextes en réserve ! La seule solution consiste à dénoncer toutes les ruses une bonne fois pour toutes, quelles qu’elles soient et à passer à l’action.
Vous devez décider qu’aucune excuse n’est recevable pour faire taire votre résistance.

“La seule solution consiste à commencer aujourd’hui, maintenant, et d’aboutir à un résultat”.

Conclusion :

J’ai bien aimé le livre de Seth Godin même s’il y a beaucoup de répétition dans les concepts qu’il aborde. Le thème de la résistance n’est qu’un aspect de son livre, qui concerne surtout notre positionnement dans le monde du travail.

Mais je trouvais important de partager avec vous son explication de la résistance. Cela vous aidera à mieux comprendre pourquoi changer est souvent difficile.
Se mettre à faire du sport régulièrement, si on n’est pas sportif au départ, est un réel changement. Votre cerveau reptilien risque de vous jouer des tours pour vous empêcher de réussir.

J’espère que cet article vous aidera à le démasquer et à le réduire au silence afin que vous atteignez les objectifs que vous vous êtes fixés.

Et si vous vous intéressez au fonctionnement du cerveau, je vous invite à lire cet article : Comment les écrans volent votre temps (ce qu’en disent les neurosciences ) ?

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